Décontracté, debout, sans aucune note, Nicolas Hulot a expliqué en une heure les motivations et les objectifs de sa démarche. Cet enfant de la génération de la consommation, est devenu, grâce à ses expériences professionnelles, convaincu de la véritable dégradation de la planète et de l'urgence d'agir. "Il va falloir faire mieux avec moins", explique-t-il, c'est à dire prendre concrètement des mesures (détaillées dans le pacte) au niveau national puis européen pour diminuer les ponctions sur les ressources naturelles.Alors que l'Europe a besoin d'un grand projet pour se relancer, la France peut être le leader d'un projet dont l'enjeu dépasse tous les autres : le projet écologique présente à la fois une dimension géographique (solidarité entre les pays du nord et du sud), solidarité biologique (solidarité entre tous les êtres vivants) et temporelle (solidarité avec les générations futures).
L'importance de l'enjeu dépasse les clivages et partis politiques, c'est pourquoi Nicolas Hulot ne souhaite pas simplement apporter son soutien à la candidate du partie écologiste qui a "peu de chance d'être élue", mais souhaite que le futur candidat s'engage, quelque soit son positionnement politique, et applique réellement le pacte dès son élection.Il ne relâchera pas la pression, car après les présidentielles, il y a les législatives, et le président ne peut rien faire si les députés ne votent pas les lois. Or la culture écologique des députés "est d'un niveau crasse", affirme Nicolat Hulot.
Il se dit pragmatique. Ayant constaté que l'écoute des politiques était proportionnelle au nombre de signataires du pacte (500 000 aujourd'hui), son "plan de bataille" (c'est son expression) consiste à convaincre tous les citoyens électeurs à signer ce pacte, en mobilisant tous les relais possibles. J'ai moi même été séduite par son discourt est à la fois simple et humain, pragmatique (il a notamment un approche économique tout à fait réaliste) et qui résonne au-delà des partis politiques.