Journée nationale d'action des avocats : le blog d'Eolas disparaît
Ce jeudi 9 novembre, à l'occasion de la journée nationale d'action des avocat, Maître Eolas, l'un des plus connus des blogueurs en robe noire, fait symboliquement disparaître son blog.

Maître Eolas explique les raisons de la grève : "Alors que le ministère de la justice s'était engagé en 2000 à augmenter de 15% sur trois ans les indemnités versées aux avocats prêtant leur concours au titre de l'aide juridictionnelle, des commissions d'office et des permanences pénales. Il n'a pas tenu parole, et six ans plus tard, octroie une hausse de 6%.

L'aide juridictionnelle, c'est ce qui permet aux plus pauvres d'avoir l'assistance d'un avocat. Certains cabinets, dans les barreaux situés dans les régions les plus défavorisées, ne vivent quasiment que de l'aide juridictionnelle. Pour ces confrères, c'est un choix, conforme à la devise : les défendre tous. Cette stagnation des ces indemnités, déjà misérables, payées uniquement à la clôture du dossier, qui peut prendre des mois voire des années, met en péril l'existence même de leurs cabinets, car ils payent les mêmes charges que tout autre avocat.
"

C'est aujourd'hui que les députés membres de la commission des Finances de l'Assemblée nationale examinent l'augmentation de l'indemnité d'aide juridictionnelle. C'est pourquoi Maître Eolas a provisoirement fermé son blog. Une seule page est accessible, sur laquelle il explique les raisons de cette fermeture :

"Aujourd'hui, les avocats refuseront de plaider. Aujourd'hui, je refuse de bloguer. Ce blogue est ma façon de vous faire connaître les rouages de la justice, qui est rendue en votre nom, de vous expliquer le sens de la loi, écrite ou en préparation, de décrypter l'actualité judiciaire. Je le fais gratuitement, je ne suis pas rémunéré, même indirectement, mon blogue étant sans publicité. C'est ce même désintéressement, cette même passion qui animent mes confrères qui exercent dans ces zones sinistrées. Sans une honnête rémunération, ils risquent de disparaître. Alors symboliquement, aujourd'hui, mon blogue disparaîtra. Pas de billets, pas d'archives, pas de commentaires. Un avocat réduit au silence parce que de nombreux avocats risquent de l'être."

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