L'internaute qui utilise ses favoris ou tape l'adresse du site trouve, en lieu et place du blog, une page noire sur laquelle apparaît le message suivant : "Veuillez nous excuser pour cette interruption. Ce site sera de nouveau accessible lorsque tous les collaborateurs de pointblog.com et du magazine Netizen auront été payés pour leur travail passé."Cette page est hébergé sur le même serveur que Nanoblog, le blog personnel de Cyril Fiévet. Après une quinzaine de secondes, l'internaute est renvoyé sur le tout premier post du blog de PointBlog, daté du 16 février 2003.
PointBlog est accessible via l'adresse IP du serveur qui l'héberge. On y trouve un billet posté cette nuit par Gilles Klein, qui explique : "L’accès à Pointblog via son adresse habituelle a été rendu impossible samedi. Nous n'étions pas prévenus et nous en sommes bien sûr désolés. J'espère que cette interruption aussi frustrante pour les lecteurs de Pointblog que pour son équipe sera la plus brève possible."
Il y a un mois, une partie de la blogosphère francophone s'était fait l'écho du départ de Cyril Fiévet de l'équipe de PointBlog, annoncé sur Nanoblog le 24 mars en ces termes : "Cause départ, vend 49% des parts de capital d'une start-up prometteuse dans l'univers du blog. Etudie toutes propositions."
Quatre jours plus tard, tout en précisant que même s'il n'avait rien à cacher, il n'aimait pas étaler son linge sale en public, Cyril Fiévet donnait sur son blog quelques explications : "Disons simplement que Christophe et moi n'avons plus, depuis longtemps, la même vision des choses sur la façon dé gérer et de développer la société Pointblog".
"J'ai mal vécu le fait que la plupart des collaborateurs de Pointblog soient payés avec deux ou trois mois de retard depuis le début. Ou de n'avoir été que simple pigiste sur Netizen et, à ce jour, de ne jamais avoir été payé pour mon travail sur ce magazine, auquel je consacre beaucoup de temps depuis novembre 2005. Ce n'est pas très agréable pour l'ambiance générale d'une entreprise et, à titre personnel, cela n'a pas arrangé la qualité de mes relations avec mon banquier ou avec le propriétaire de mon appartement (...). Mais ce ne sont que des détails, dont je suis certain qu'ils vont s'arranger dans les semaines qui viennent." ajoutait Cyril Fiévet.
Ces "détails" ne se sont visiblement pas arrangés, puisque Cyril Fiévet, qui contrôle le nom de domaine pointblog.com, a fait des modifications hier en fin d'après-midi pour que le nom de domaine pointe désormais non plus sur le serveur hébergeant le blog, mais sur la page noire, hébergée sur son site personnel.
Aucun post commentant cette modification n'a, à cette heure, été publié sur les blogs respectifs de Cyril Fiévet (dont le dernier post date du 6 avril) et de Christophe Ginisty.
Bertrand Lenotre, collaborateur de PointBlog (il en réalise notamment les podcats) parle en revanche de cette fermeture sur son blog, Le Podcasteur : "Tout ce que je peux dire sur cette histoire c’est que l’équipe actuelle de Pointblog et Gilles Klein, son rédacteur en chef, ne sont pour rien dans ce nouvel épisode des aventures tumultueuses du magazine du blogging. Je fais partie des "collaborateurs" en question mais je l’ai découvert comme vous tous."
Gilles Klein, le rédacteur en chef de PointBlog, a posté pour sa part sur son blog, "Le Phare", le même post que celui qu'il a publié sur PointBlog. Il est plus bavard dans les commentaires de son propre post, où il écrit : "Aucun "salarié" ou menbre de l'équipe de Pointblog ne participe à ce blocage. L'équipe de Pointblog et ses lecteurs sont pris en otage".
Il y précise également que les pigistes qui ont écrit des articles dans les deuxième et troisième numéros de Netizen n'ont pas été payés. Il explique que l'éditeur n'a pas versé d'argent aux pigistes parce qu'il n'a pas été payé par tous les annonceurs qui ont fait de la pub dans Netizen.
"Du coup celui qui détient les codes d'accès du nom de domaine Pointblog.com l'a désactivé, en exigeant que Pointblog paie les pigistes à la place de l'éditeur. Résultat il est impossible d'accéder à Pointblog via son adresse habituelle, ce qui est catastrophique et totalement injustifiable" ajoute Gilles Klein.