Blogueurs accrédités : Schneidermann en remet une couche dans Libé
Nous avons déjà évoqué ici la violente charge menée par Daniel Schneidermann, sur son Big Bang Blog, contre les blogueurs accrédités à l'université d'été de l'UMP.

Il y écrivait : "Sarkozy a neutralisé les blogueurs du Lemeurland" et "Sarko a mis les blogueurs dans sa poche. Ca lui a coûté plus cher que pour les journalistes "encartés" : il a fallu leur offrir un billet d’avion et des nuits d’hôtel. Aussi simple que ça."

L'ancien présentateur de "Arrêt sur images" en remet ce matin une couche dans une tribune publiée par Libération. Les blogueurs ne sont pas les seuls à en prendre pour leur grade, les journalistes sont visés aussi (et le texte s'intitule d'ailleurs "Le ministre et le journaliste").

Mais Daniel Schneidermann réserve un gros paragraphe aux blogueurs accrédités, visant plus particulièrement, à nouveau, ceux qui se sont rendus à Marseille à l'invitation (et aux frais) de l'UMP :

"«A la base» aussi, le futur candidat fait ce qu'il faut pour se ménager les journalistes. On en a eu encore un témoignage à l'université d'été de l'UMP à Marseille. Sarkozy y ayant invité (aux frais du parti) une poignée de blogueurs sympathisants, l'un d'eux raconte innocemment comment le ministre vint s'asseoir, dans la salle de presse, pour une longue conversation à bâtons rompus. Conversation détendue, où «il est tout à fait possible de balancer une histoire de Toto, ou un "madame-monsieur"», et évidemment, «par une sorte d'accord tacite», interdite d'enregistrement." écrit Daniel Schneidermann.

"Copinage et verrouillage, tout y est donc. Et risque d'y rester, la poignée de blogueurs invités s'étant remarquablement pliés aux bonnes manières de la «presse installée» : l'un d'entre eux a enregistré la conversation interdite, mais s'est bien gardé de la diffuser sur son blog." " ajoute-t-il.

Le jour même de la publication de son billet sur son blog, Thomas Clément lui avait répondu. Les autres blogueurs visés n'ont pas commenté. Cette nouvelle charge les fera-t-elle réagir ? Pas de réponse à attendre en tous cas de Christophe Ginisty, un des blogueurs invités par l'UMP, qui avait répondu à l'avance à Daniel Schneidermann dans un billet posté hier, dans lequel il disait :

"Il y a un an, que dis-je un an, il y a six mois, le coeur de vierges de la blogosphère se serait lancé comme aujourd'hui dans les mêmes diatribes sur les blogueurs invités à l'Université de l'UMP (dont je faisais partie), j'aurais démarré au quart de tour, affûté les mots qui font mal et j'aurais atomisé d'une note sanglante vachement hargneuse le premier trackbackeur venu.

Mais là non. Je m'en fous. Mais à point que vous n'imaginez même pas et avec une force que j'ai moi-même du mal à contenir. C'est même limite si je me sens concerné par ces aboiements convulsifs. En fait, je crois que je m'en fous parce que j'ai compris que la notion de blogosphère était une vue de l'esprit, en tout cas dans sa forme organisée, avec ses codes, ses représentants, son bien et son mal. J'ai compris que je ne représentais personne et que personne ne me représentait. Je blogue et c'est tout. Avec ou sans talent, avec ou sans technique, avec ou sans avenir. Je blogue et j'aime ça. Je n'ai en aucun cas à en rendre compte."

Commentaires
Ecrit par Palpitt le 08/09/2006 - 11h49
Christophe est en plein blog-épanouissement, j'espère qu'il n'oublie quand même pas qu'il est le chef d'une entreprise qui accordre, elle, un peu d'importance à la blogogbulle
Ecrit par Guillaume le 08/09/2006 - 14h02
+ 1 avec Palpitt, c'est moins le côté "partisan de droite" que la notion de "Lemeurland" qui énerve pas mal de monde.

Certes, ce ne sont "que" des bloggeurs lambda(comme ils aiment à le répéter) mais combien d'entre eux sont surtout des professionnels du web 2.0...
Ecrit par Dominique le 08/09/2006 - 20h47
Il y avait quand même six blogueurs Typepad (la plateforme choisie par l'UMP) sur douze, des photos de concours de T-shirt ou de strings féminins ou de poses à côté de célébrités, tout ce qui participe au Lemeurworld. Et on n'a rien lu sur le contenu des interventions : le vide partout.