Après un week-end marqué par le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement et l'accord qui y a été obtenu, il n'est pas inintéressant de revivre ce sommet depuis les coulisses.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, Jean Quatremer évoquait le style de Nicolas Sarkozy : "Après douze ans avec Jacques Chirac –sans parler des quatorze ans de François Mitterrand-, le Sarkozy est un véritable choc. Fini les points de presse empesés organisé comme des grands messes. Fini l’absence de réponse aux questions. Fini surtout le style énarque qui s’exprime compliqué pour ne rien dire. Là, on un chef d’Etat qui parle clair et direct, dans un langage qui pourrait être celui de tout un chacun et qui n’hésite pas à plaisanter. Un homme normal, donc, qui ne tente pas de passer pour Dieu, de s’élever au-dessus de la masse. Autant dire que j’ai trouvé le style séduisant et je n’étais pas le seul. Plusieurs de mes confrères, français et étrangers, ont été soufflés par cette rupture dans les habitudes monarchiques françaises."
Vendredi après-midi, il évoque les rumeurs de compromis. Plus tard dans la soirée, il parle des menaces de Angela Merkel visà vis de la Pologne, réticente à accepter l'accord. A 4h30 du matin, dans la nuit de vendredi à samedi, il explique que les chefs d'Etat et de gouvernement discutent toujours : "Les journalistes, épuisés par une si longue attente, commencent à déserter le centre de presse alors que d’autres se sont effondrés sur leur table de travail. Les paris vont bon train : fin à six heures, dix heures, plus tard ? Les chefs semblent en tous les cas décidé à en terminer coûte que coûte."
Puis, une dizaine de minutes après avoir posté ce dernier billet, il en met en ligne un autre intitulé "Accord sur un traité simplifié" : "Finalement, quelques minutes après 4 heures 30, les Vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement sont parvenus à un accord sur un traité simplifié."
Samedi soir, il publie un long billet analysant l'accord obtenu la nuit précédente : "L'accord auquel sont parvenus les Vingt-sept à 4h30 du matin, samedi, après avoir surmonté non sans mal les blocages britannique et polonais, va permettre de sortir de la crise constitutionnelle ouverte par le double « non » franco-néerlandais de 2005. « L’Europe qui ne bougeait plus s’est remise en mouvement », s’est félicité Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse organisée dans la foulée. A la différence de Jacques Chirac, assis, seul, derrière un bureau, avec une série de notes devant lui, Sarkozy a parlé debout, derrière un pupitre, sans note, en compagnie de Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, et de Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes. Le Président de la République n’a pu résister au plaisir de souligner qu’en un mois et demi, plus avait été accompli qu’en deux ans… Les oreilles de Chirac ont dû siffler."
Ce blogging presque en direct a séduit les internautes, puisque le journaliste indique qu'il a battu le vendredi son record de fréquentation. Jean Quatremer évoque aussi les à-côtés du sommet, en parlant de "malbouffe européenne" à propos de la restauration des sommets européens.
Dimanche, il estime que Julien Dray a "opté pour la politique du pire" en n'excluant pas que le PS vote contre la ratification du « traité simplifié » "et surtout bloque la réforme constitutionnelle préalable qui semble être nécessaire". Enfin, ce lundi, Jean Quatremer renvoie au site de Libération qui publie ses articles sur l'accord survenu ce week-end.