"Violence du calendrier : en quelques heures, j'ai vu s'effacer tout ce que j'avais patiemment construit depuis des mois. Violence des commentaires et de la pression médiatique. Tel éminent observateur de la vie politique française annonce que je viens d'être "guillotiné". Beau sens de la mesure..." ajoute-t-il.
L'ancien Premier ministre évoque également la "meute de photographes et de cameramen, laissant en plan Christine Lagarde venue, en sa qualité de ministre de l'agriculture, inaugurer Vinexpo, m'assaille, me bombarde de questions: "Comment allez-vous, ce matin?". Une fois, deux fois , dix fois... Je vis la scène comme une agression, un assaut de curiosité malsaine, une curée sans le moindre soupçon de compréhension ou d'humanité."

Alain Juppé, qui avait laissé entendre, lors de son intervention le soir du deuxième tour, qu'il pourrait quitter la mairie de Bordeaux, n'a finalement pas (encore ?) cédé à la tentation de Venise (ou du Québec) : "La tentation de me protéger et de protéger ma famille a été forte. Mais je me suis dit: "Puis-je déserter, sur un coup de tête ?" On ne se change pas. J'ai décidé de rester. Plus précisément d'accomplir jusqu'à son terme le mandat que les Bordelais m'ont confié le 8 octobre dernier. Au delà, c'est-à-dire lors des prochaines élections municipales, je verrai".
Et il précise : "Je n'irai à la bataille que si je peux rassembler. D'abord tous les amis avec lesquels nous avons réalisé depuis 12 ans cette magnifique transformartion de Bordeaux que tout le monde constate."
Et il évoque la poursuite de son engagement écologique : "Pour ma part je n'ai pas renoncé à mon rêve: j'entends bien rester un "militant de la terre". Ce que je ne pourrai pas faire au niveau national, européen ou international, peut-être puis-je encore le réaliser au niveau local. A Bordeaux. Et peut-être même dans tout un réseau de villes d'Aquitaine qui seraient prêtes à partager leurs expériences. Un nouveau défi ? C'est le sel de la vie."
Dans un autre billet mis en ligne ce jeudi matin, il commente l'information, avancée une journaliste du Nouvel Observateur, selon laquelle il souhaiterait devenir président de la Commission européenne : "J'ai de la considération pour cette journaliste. Je n'en suis que plus sidéré par les inventions sur lesquelles est bâti son papier. J'ai bien noté le point d'interrogation en fin de phrase. Mais quznd même! Où a-t-elle été péché que je rêvais de devenir président de la commission européenne? Imagination, "maîtresse d'erreur et de fausseté"... Autrement dénommée: "la folle du logis"."