La blogosphère politique en bref, mardi 19 juin 2007
- Le blog de l'UMP commente la nomination de Laurent Wauquiez, qui était le plus jeune député de la législature sortante, et sera le benjamin des ministres, comme porte-parole du gouvernement dans un billet intitulé "Porter la parole du gouvernement autrement" : "Celui qui a désormais la charge de porter la parole du gouvernement a affiché sa volonté d’inventer une nouvelle façon de communiquer, une nouvelle manière plus concrète de traduire les projets du gouvernement. Il promet moins de langue de bois et assure qu’il s’agit « d’un gros défi » ! Il ne se contentera pas de « porter la bonne parole » : il fera aussi remonter les informations depuis le terrain."

- Sur le blog du Parti Socialiste, François Hollande commente en vidéo la composition du gouvernement Fillon II.

- Jean-Pierre Chevènement, qui a été battu au second tour des élections législatives, indique qu'il démissionne de la mairie de Belfort : "La confiance des électeurs de la deuxième circonscription du Territoire de Belfort m'ayant fait défaut, j'ai remis ce soir ma démission de maire de Belfort à Monsieur Le Préfet, représentant de l'Etat dans notre département. Je remercie toutes celles et tous ceux qui m'ont accordé leur soutien depuis 1973. Ce que nous avons fait ensemble restera. J'en exprime à tous ma profonde gratitude. Ce fut pour moi un honneur et une joie de servir le Territoire de Belfort. Je resterai présent ici. L'avenir de Belfort et du Territoire de Belfort se fera avec ceux qui m'ont soutenu loyalement, sur la base d'un rassemblement sans sectarisme autour des valeurs républicaines qui ont donné sens à notre action."

- "Comme beaucoup de Français, j’ai été choqué, oui, c’est le mot, par les lazzis qui accompagnaient la déclaration d’Alain Juppé, hier soir, à Bordeaux. On se serait cru revenu en 1789, au temps des « tricoteuses. »  Il ne manquait plus que l’échafaud" écrit Franz-Olivier Giesbert. "Il y avait quelque chose d’indigne dans cette réaction de ce qu’il faut bien appeler la populace (c’est, il me semble, le mot qui convient le mieux).Qu’a-il donc fait pour se faire tant haïr, celui qui semblait destiné à atterrir un jour à l’Elysée ? Je ne comprends pas bien."

- Clémentine Autain est très critique vis à vis de Fadela Amara : "L’ex-présidente du mouvement “Ni putes, ni soumises” (NPNS) vient d’être nommée secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville, sous la tutelle de… Christine Boutin ! Je ne vous dirai pas que j’en suis étonnée : j’avais parié une bouteille sur cette éventualité. Je pensais juste qu’elle serait nommée aux droits des femmes… C’était oublier que cette ambition ne fait pas partie des préoccupations gouvernementales. En 2006, Fadela Amara avait co-écrit un livre intitulé La racaille de la République, manière de défendre les jeunes des quartiers insultés par Nicolas Sarkozy. La voilà qui vient de manger dans la main de Sarkozy président… Celle pour qui “la parité, c’est comme les soldes chez Hermès”, va bientôt pouvoir aller chez Hermès hors période de solde, histoire d’être raccord avec l’ambiance gouvernementale ! La militante associative a visiblement beaucoup d’appétit et bien peu de convictions"

- Jean-Luc Mélenchon commentait lundi soir sa prestation sur le plateau de France 2, lors de la soirée électorale du second tour : "Mais j'y suis arrivé au pire moment. D'un côté Eric Besson le traitre à face verte. De l'autre la dépêche sur la séparation du couple princier du PS. Urgence de réagir sur deux fronts. Dans un premier temps nous tournons la tête pour éviter que Besson ne prenne prétexte d'une phrase de l'un ou de l'autre pour vendre ses salades comme c'est son boulot en qualité de semeur de confusions. Pas de chance, c'est mon nom qu'il choisit pour commencer une phrase: "comme l'a dit jean-luc Mélenchon.." Berk! Berk! Berk!" Puis il critique vertement la décision de Ségolène Royal de rendre publique sa séparation d'avec François Hollande : "Je suis très faché de m'être senti obligé à l'élégance avec quelqu'un qui n'en a aucune et se contrefiche de celle des autres. Son délire narcissique vise à subsituer à la politique, qui se passe d'elle ce soir là, le retour à la focalisation de l'attention sur elle. Typique du comportement de toute puissance enfantin."

- Marie-Noëlle Liennemann critique le gouvernement Fillon II, qui eest pour elle "un gouvernement « auberge espagnol » constitué de personnalités disparates sans qu’apparaisse une grande cohérence politique". Elle ajoute : "Les nouvelles personnalités sont souvent placées à des postes assez périphériques pour tenter de donner une image dire «  représentative » de la société française. Le départ de Jean-Louis Borloo au poste  de l’écologie permet de nommer au poste essentiel  de l’économie, des finances et de l’emploi, la candidate du Medef, et singulièrement des grandes entreprises à savoir Christine Lagarde. Nul n’ignorait les réticences des grands patrons envers Jean-Louis Borloo."

Commentaires
Ecrit par plumine le 25/06/2007 - 00h35
Je ne pense pas que la venue de Fadela Amara dans le gouvernement Fillon soit une forme de traîtrise de sa part, comme certains ont pu le dire, d’autant que la philosophie de Ni putes ni soumises n’est pas angélique. En effet l’association NPNS, même si elle comprend que les garçons aient des problèmes (affaiblissement de l’identité masculine liée au chômage), lutte contre leur machisme : en cela elle rompt avec la culture de l’excuse de la gauche (« Ces pauvres jeunes, il faut les comprendre »). D’autant que comme elle le dit : « Nous avons étonnamment beaucoup d'ennemis parmi certains intellectuels de gauche qui, sous couvert de relativisme culturel et de droit à la différence, sont prêts à accepter des situations inadmissibles. ». Simplement elle réalisera peut-être moins de projets car il est possible que dans un gouvernement de droite moins de moyens financiers soient accordés à la Ville que si c’était la gauche. Et encore : de plus en plus la droite se socialise, et la gauche se droitise, ce qui fait que quand Bayrou disait qu’il pourrait prendre un Premier ministre de droite comme de gauche ce n’était pas absurde pour quelqu’un censé être de l’UDF, donc centre-droit.
On pourrait parler de traîtrise par exemple si quelqu’un d’extrême-gauche, qui veut une régularisation massive des sans-papiers, rentrait au Ministère de l’Intérieur dans un gouvernement de droite et donc appliquait une politique beaucoup plus stricte ; il renierait donc ses valeurs. Mais évidemment ce cas extrême n’arrivera pas.

Je ne vois pas pourquoi Eric Besson lui aussi serait considéré comme un traître : à partir du moment où il a vu que le programme de S. Royal n’était pas réalisable, il a eu l’honnêteté de le dire et de partir du PS avant les élections. De fait, il peut aussi bien utiliser sa science à droite, faire tourner des modèles économétriques ou regarder comptablement les grands équilibres par exemple, je pense que sa mission c’est ça. La traîtrise aurait été de rester avec S. Royal et de mettre un autre bulletin dans l’urne (c’est ce qu’ont fait des militants PS qui pourtant distribuaient des tracts), ou d’appeler en cachette des socialistes à voter autre chose : j’ai vu ce genre d’action lors d’une élection municipale.